Depuis 1855, le classement des vins de Bordeaux définit l’élite du vignoble. Découvrez l’histoire de cette hiérarchie légendaire, née sous Napoléon III, qui continue de faire rêver (et grimper les prix) aujourd’hui.
Prenons un peu de recul et remontons le temps. En 1855, année marquante pour Bordeaux, la classification des vins établie à la demande de l’empereur Napoléon III pour l’Exposition universelle de Paris va figer une hiérarchie qui perdure encore aujourd’hui.
Ce classement concerne exclusivement des vins rouges du Médoc, un unique cru rouge des Graves (château Haut-Brion, situé à Pessac) et des vins blancs liquoreux de Sauternes et de Barsac. Sa hiérarchie, divisée en cinq niveaux, se fonde sur les prix du marché de l’époque et la notoriété des crus.
La distinction de « premier cru » est alors attribuée à des propriétés déjà prestigieuses, comme château Lafite (futur Lafite Rothschild), château Margaux, château Latour et château Haut-Brion. Mouton Rothschild rejoindra ce club d’élite lors de la seule révision du classement, en 1973, passant ainsi du statut de « second » à celui de « premier ». Un éclairage sur la reconnaissance historique de ces crus bordelais est proposé par le récit de voyage du philosophe John Locke, qui visita la région en 1677. Motivé par son amour des vins de Haut-Brion, dégustés à Londres, il entreprend cette visite pour approfondir ses connaissances.
Sur place, on lui explique que « la grande qualité (des vins) [est] due à l’existence de sols maigres et de bonnes pentes pour l’environnement naturel, de faibles fumures et de vieilles vignes ». Les éléments essentiels à la qualité du vin, à commencer par leur terroir, étaient donc déjà identifiés il y a plus de trois siècles. Les archives du bureau de courtage bordelais Tastet & Lawton, qui note les millésimes depuis sa fondation en 1740, indiquent que « les vendanges de 1855 commencèrent le 7 octobre. Les volumes étaient faibles, mais les vins furent jugés “bons en général”. » Vous cherchez à déguster une bouteille de 1855 ? Sur le site Wineted, on a pu voir un château Gruaud Larose, second grand cru classé de 1855 (Saint-Julien), affiché à 33 495 €…

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