Monte-Carlo : le vermouth qui sort le grand jeu

Producteur historique de vermouths, La Canellese vient de présenter deux nouvelles cuvées haut-de-gamme qui font entrer cet apéritif italien traditionnel dans une nouvelle dimension. 

Rosa Bertello

Il faut être allé une fois à Turin dans sa vie pour comprendre que la capitale du Piémont, au nord de la Botte, ne rigole pas avec ce qui demeure l’un des piliers de sa tradition gastronomique. C’est ici que cet apéritif composé de vin, fortifié avec de l’alcool et mélangé à du sucre et à un extrait de plantes aromatiques a vu le jour. Certaines maisons sont, au fil du temps, devenues de véritables empires au point d’être presque devenues synonymes de vermouth. On pense évidemment ici à Martini qui inonde le marché d’une production de masse correcte mais assez peu enthousiasmante. Heureusement, des maisons beaucoup plus traditionnelles continuent de produire des vermouths de qualité qui dégustés sur glace ou en cocktails sont de véritables générateurs d’émotions gustatives. Parmi elles, citons par exemple Del Professore, Cocchi ou bien encore Mancino. Il ne faudrait toutefois pas limiter les références notables à l’Italie car de très bons produits sont aussi élaborés en France, à l’image notamment du vermouth La Quintinye. Mais revenons en Italie avec la maison La Cannelese dont les origines remontent à 1890 lorsque Rosa Bertello a épousé Francesco Sconfienza. C’est elle qui mit au point une recette unique de vermouth et qui inspira ensuite toute la famille qui se consacra entièrement à sa production à partir de 1947.

Une marche plus haut

Si la gamme des vermouths de La Canellese est reconnue, c’est dans un projet bien différent que l’entreprise s’est lancée. Avec une volonté, celle de pousser le curseur qualitatif encore plus loin. Pour cela, un ingrédient très particulier a été convié dans la recette de ce tout nouveau Monte-Carlo Vermouth : la rose. Ou plutôt les roses en provenance de la roseraie de Fontvieille à Monaco. Un choix spécifique s’est porté sur plusieurs variétés parmi les 315 plantées, souvent très rares. Et pour pouvoir extraire de la meilleure des manières leurs effluves, une collaboration a été mis en œuvre avec la distillerie Comte de Grasse et son maître distillateur Marie-Anne Contamin. En appliquant des procédés très techniques (notamment une distillation à froid pour conserver des arômes extrêmement précis et concentrés), un extrait de rose unique va ensuite pouvoir être associé au macérat de plantes aromatiques. Un détail change également tout, c’est le vin qui est sert de base à ce nouveau vermouth. Ingrédient central qui représente 75% du produit final, il a été ici sélectionné parmi les belles appellations du Piémont. Pour le Monte-Carlo blanc (75€), un Moscato d’Asti DOCG et pour le Monte-Carlo rouge (75€) un Langhe nebbiolo DOC.

Fabrication du vermouth
©Alain Duprat

On a aimé

A la dégustation, ces deux opus s’avèrent tout à fait élégants et surprenants. Le blanc, avec sa robe légèrement pêche, est très aromatique, imposant les notes de rose et de litchi au premier nez. Mais l’aromatique demeure élégante et pas écrasante. L’attaque, douce, conduit vers des notes d’orange amère et de fleurs. Un vermouth très équilibré, à la délicate intensité, marqué par une fine sucrosité, une acidité parfaitement intégrée et une très belle longueur. Côté rouge, l’ensemble se révèle très distingué avec la profondeur des fruits rouges du vin et des notes d’épices douces très infusées. L’attaque est très droite, nette emmenant vers une matière intense, assez sèche oscillant entre notes florales, touches d’encens et l’amertume diffuse de l’absinthe. Parfumé en bouche, il est doté d’une pointe tannique finale qui lui confère une belle typicité. Un vermouth particulièrement long en bouche et différent.  


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