Pomerol : le projet « agro-urbain » de Château Fayat - Routes des vins

Pomerol : le projet « agro-urbain » de Château Fayat

Enclavée en partie dans la ville de Libourne, la propriété pomerolaise de la famille Fayat mise sur une approche « agro-urbaine » pour répondre aux enjeux environnementaux et aux impératifs de voisinage avec les riverains.

Au sein des Vignobles Fayat, beaucoup connaissent le château La Dominique, grand cru classé de Saint-Émilion au chai écarlate signé Jean Nouvel et propriété « historique » de la famille, acquise en 1969 par Clément Fayat, fondateur du groupe du même nom figurant parmi les leaders français du secteur du bâtiment et des travaux publics. Beaucoup connaissent également le château Clément-Pichon, Cru Bourgeois Supérieur en appellation Haut-Médoc. Moins célèbre est le château Fayat, propriété de 14 hectares en appellation Pomerol issue de la fusion de plusieurs entités acquises par la famille et réunies sous une « nouvelle marque » depuis 2009 seulement. Depuis son acquisition, un effort considérable a été investi pour restructurer le vignoble, morcelé en trois unités différentes à travers l’appellation. La partie la plus importante, ainsi que le château et les bâtiments techniques, ont la particularité d’être enclavés dans la ville de Libourne. Une situation qui, alors que les attentes sociétales et environnementales sont de plus en plus élevées, a amené la direction de la propriété à mener une réflexion de fond sur le meilleur cap à donner.

« Depuis deux ans, nous avons mis en place un partenariat avec l’association bordelaise HISA pour combiner au mieux la situation urbaine du vignoble, les bonnes relations avec nos voisins et les enjeux environnementaux », expliquent Gwendeline Lucas, directrice générale des Vignobles Fayat, et Emeric Bossuet, directeur technique de la propriété. « Nous avons tout d’abord mis en place un travail d’échange et de pédagogie avec les riverains, afin de les prévenir de nos traitements que nous menons en bio et avec des pulvérisateurs confinés à proximité de leurs habitations, mais aussi de nos moyens de lutte contre le gel. Ensuite, notre travail avec l’association HISA nous a amenés à faire un audit de toute a faune présente sur la propriété, pour mieux assurer la pérennité de notre écosystème ». C’est ainsi qu’a été décelée la présence d’une colonie de chauves-souris – une quarantaine d’individus – et de plusieurs espèces d’oiseaux classés vulnérables : le château Fayat est désormais labellisé « refuge à chauves-souris » (une aubaine pour lutter contre les insectes ravageurs de la vigne) et prochainement LPO – Ligue de Protection des Oiseaux. « Notre interrogation est : comment conserver notre milieu et l’améliorer ? Et la réponse est : moins de monoculture. C’est en réintroduisant de la diversité végétale au côté de nos vignes que nous pouvons préserver la biodiversité et lutter plus efficacement, à la fois contre les maladies et contre les effets du changement climatique », soulignent Gwendeline Lucas et Emeric Bossuet qui se disent avoir été inspirés par les travaux menés par le château Cheval Blanc (voisin de La Dominique) en matière d’agroforesterie.

Interrangs enherbés, engrais verts, plantation d’arbres fruitiers (en partenariat avec le conservatoire régional d’Aquitaine pour privilégier des variétés locales), d’un verger d’un demi-hectare, de plusieurs centaines de mètres de haies permettent « de réinstaller la nature dans une propriété urbaine », entourée de routes, située à proximité d’une voie ferrée et touchée par la pollution lumineuse de la ville. « Ce programme vise tout d’abord à protéger notre biodiversité mais a aussi une vocation pédagogique pour toute la ville de Libourne », souligne Gwendeline Lucas. « Nous voulons que les habitants se l’approprient, en soient fiers, et que cela contribue à sensibiliser les jeunes générations ».

« Terre de Vins » aime :
Château Fayat 2019 (Pomerol) :
le millésime du dixième anniversaire, qui s’habille d’une nouvelle étiquette à l’occasion. Ce 100% merlot affiche d’emblée un joli éclat de fruit, précis et aromatique, mûr et frais, déployant coulis de mûre, épice douce, touche de musc et de cuir. La bouche est bien équilibrée, souple et sapide, escortée de tannins veloutés, dotée d’un profil juteux, élancé et digeste. Un bel exemple de pomerol promis à une belle garde mais qui sera aussi prêt à boire dans sa jeunesse. Env. 30 €.

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